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Quelques artistes vernolitains

Les peintres, sculpteurs, graveurs

            Si la vallée de la Seine a été un décor privilégié pour les peintres du XIXe siècle, particulièrement les impressionnistes, Vernouillet  ne figure pas à l’appel. Nous ne connaissons que peu de peintres ayant résidé à Vernouillet pendant la période qui nous intéresse (1800-1950). Nous avons pu retrouver dans les archives certains peintres qui ont vécu et peint à Vernouillet. Il est intéressant de noter que deux d’entre eux ont participé à la décoration de l’exposition universelle de Paris en 1937

Jean Baptiste THONNESSE (Dijon 30/4/1755, Angers 28/10/1838)

            Il obtient son premier prix à 14 ans en 1769 sous forme d’une médaille d’or  donnée par le Prince de Condé protecteur de l’Académie de Dijon où il est élève. Il part étudier à Rome en 1773 où il travaille à l’Académie Saint Luc où il obtient un second prix au concours Clémentin de 1775.

            En 1788, il acquiert l’ancien manoir de la Queue, aujourd’hui Clos Thonnesse, comprenant les bâtiments de l’actuel presbytère. Pendant la Révolution, il aura une action politique dans la municipalité de Vernouillet où il aura des démêlées avec Arnoult Laroche. Il est surtout resté tristement connu comme le spéculateur qui a acquis les bâtiments de l’abbaye de Poissy pour les démolir et vendre les pierres.[2] Il est aussi responsable selon certains des mutilations faites aux chapiteaux de l’église de Vernouillet en 1792. Il quitte Vernouillet des 1793 après avoir vendu son domaine en plusieurs parcelles. En 1809, il est nommé professeur de peinture au Prytanée militaire de La Flèche. En 1815, il quitte le Prytanée pour Angers où il ouvre un atelier d’études et de travail. Il meurt dans la misère à l’Hospice civil d’Angers en 1838.

Ses œuvres :

Il nous est resté de lui une méthode de dessin et plusieurs tableaux : sujets religieux, portraits principalement peints à Angers dont le musée conserve plusieurs œuvres.

La Liberté parcourant le monde 1792-1794:

Louis Nicolas LEMASLE (Paris 3/12/1788, Barisis – aux Bois (Aisne) 14/10/1876) [3]

Élève de David à l’école des Beaux Arts, il complète sa formation par le voyage en Italie,   indispensable pour un peintre à l’époque. Il est d’abord à Rome en 1812. À la fin de l ‘année 1814, il est à Naples où il est au service du Prince de Salerne, Léopold de Bourbon, second fils de Ferdinand IV roi de Naples puis roi des Deux-Siciles à partir de 1816. C’est de Naples qu’il envoie des tableaux aux Salons de Paris de 1817 et 1822 où il recevra une médaille. Il rentre à Paris où il est domicilié en 1824.

En mai 1825, il assiste au Sacre de Charles X avec huit autres peintres chargés chacun de faire un tableau. La même année, il est fait chevalier de la Légion d’honneur. De par ses services auprès du prince Leopold de Bourbon, il est très bien introduit à la cour de Charles X dont il fait un portrait en 1824, ainsi qu’un tableau représentant le mariage par procuration de la duchesse de Berry qui lui a valu sa distinction.

            Le 18 janvier 1827, il épouse à Paris Marguerite Bénard originaire de Vigny.

En 1830 Lemasle s’établit à Saint Quentin (Aisne) où il est nommé directeur professeur de l’École royale de dessin gratuite, fondée par Maurice Quentin de la Tour cinquante ans plus tôt. En 1862, il se retire à Barisis–aux Bois, près de Coucy-le-Château où il décède le 14 octobre 1876.

            Et Vernouillet ?

Lemasle habitait  à Vernouillet en 1828. Ceci est attesté par plusieurs documents. Dans le registre de la Fabrique, il est fait mention  d’un tableau représentant une descente de Croix peint à Rome dont il a fait cadeau à la paroisse moyennant la lecture de messes.

Délibération du 13 avril 1828 du Conseil de Fabrique où est mentionné le don d’un tableau par L.N.Lemasle.  Il est précisé qu’il réside dans la paroisse. (Archives de la paroisse de Vernouillet)

            D’autre part il a peint un tableau intitulé “Relevailles de la Duchesse de Berry“  marqué “Vernouillet fecit 1828“ dont le décor est incontestablement l’intérieur de l’église de Vernouillet.

            Par contre la Duchesse de Berry n’a jamais séjourné à Vernouillet. Son fils, le Duc de Bordeaux est né en 1821 et avait 7 ans lorsque le tableau a été peint. Les personnages représentés sur le tableau n’ont pu être identifiés. Ce tableau a été acquis en 1996 par le Musée Antoine Lecuyer de Saint-Quentin où il est exposé.

Tableau « relevailles de la Duchesse de Berry » Lemasle fecit 1828

(Musée Antoine Lecuyer, Saint Quentin)

            Pourquoi Lemasle est-il venu habiter à Vernouillet ? Il n’y serait resté que peu de temps puisqu’en 1827 il était encore à Paris et en 1830 déjà à Saint-Quentin. Où habitait-il ? Pourquoi s’est-il montré généreux envers la Paroisse ?

            Nous n’avons aucune réponse à ces questions.

Lettre entre deux curés de Vernouillet à propos de la messe pour Lemasle qui n’aurait pas été dite (archives de la Paroisse de Vernouillet)

Louis Marie COGNET (1821-31/12/1897)

            Ce peintre ne figure pas dans le “ Benezit “ [4] et nous le connaissons par un  tableau daté de septembre 1867 représentant l’église de Vernouillet. Il est décédé à Paris le 31 janvier 1897 et inhumé à Vernouillet le 2 février.. Etait-ce un amateur ?

Tableau daté septembre 1867 L’examen du tableau montre que la vue est prise au niveau du premier étage d’un immeuble de l’impasse Decaris. On y voit l’église telle qu’elle se présentait avant la restauration du clocher en 1879 (Collection particulière)

Léon VUILLEMOT dit ERPIKUM (1836-1917)

Sa tombe est visible dans le cimetière de Vernouillet .

Nous ne savons pas plus de ce peintre que ce qui en est écrit dans le “ Benezit “

Né à Besançon, il e a été l’élève d’Hippolyte Flandrin. Il expose au Salon de Paris de 1859 à 1880. Ses oeuvres connues citées sont : « L’hésitation, le réveil de Monsieur Bébé, Andromède, La Dormeuse. Un de ses tableaux, « Femme blonde couchée » est au Musée Tavet Delacourt à Pontoise.

            Il a exposé un portrait d’Émile Zola au Palais des Champs Elysées en 1866. Une lithographie représentant Deschamps en costume oriental a été vendue dans une vente le 13 octobre 1955.

Tombe de l’artiste dans le cimetière de Vernouillet

Pierre BONNARD (3 octobre1867 – 23 janvier 1947)

            Grand nom de la peinture française. De nombreuses expositions et plusieurs ouvrages lui ont été consacrés. Nous avons cherché dans ces ouvrages les traces de son passage à Vernouillet. Dans son livre sur Bonnard,  A. Terrasse  mentionne qu’il s’installe à Vernouillet en 1907. Dans le livre “ Bonnard ou le bonheur de voir “, Annette Vaillant donne une indication plus précise :

 “…arrivé par Villennes et Médan, Vernouillet où il avait habité la Maison des Carrières, bicoque paysanne au dessus d’un ravin herbu…“. Bonnard est resté à Vernouillet jusqu’en 1912.Il part ensuite pour Vernonnet où il achete une maison.

La maison des Carrières existe encore aujourd’hui.

La maison des carrières

            Pour retrouver les œuvres peintes à Vernouillet, nous avons effectué une consultation minutieuse de l’ouvrage de Dauberville qui est un répertoire complet de l’œuvre du peintre. Nous avons relevé 22 tableaux de paysages que nous avons identifiés comme étant  à Vernouillet, même si le titre de l’œuvre ne le précise pas toujours. Nous n’avons répertorié que les tableaux de paysages ayant pour cadre la maison des carrières . Bonnard a-t-il peint les paysages « sur le vif » depuis le jardin de la maison des carrières ? Ce n’est pas certain, car plusieurs tableaux représentent la même vue avec des différences minimes. Il est probable que Bonnard a fait des croquis et terminé les tableaux dans son atelier de Paris.

            La plupart des œuvres de Bonnard représentant Vernouillet sont aujourd’hui dans des collections privées et dans des musées à l’étranger. Il y en a un toutefois qui est visible au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Il est intitulé “ Le village vu de la campagne “  et est daté 1910. Ce tableau fait partie de la donation faite au musée par Germaine Henry et Robert Thomas en 1976. Il était rangé dans la réserve et a été redécouvert par Ursula Pefferkorn dans un catalogue de la donation. Après diverses péripéties et plusieurs correspondances avec le musée, le tableau a été replacé dans la salle consacrée à la donation Henry Thomas. 

Page du catalogue de la donation Henry Thomas au musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Nous donnons ci-après la liste des autres tableaux répertoriés dans l’ouvrage de Dauberville

« Le ravin » ou «  la maison des carrières », 1907 collection particulière

« Le clocher », 1907 Collection Hellings

« La maisonnette (Vernouillet) » 1907collection particulière.

« Les Pensées » ou « La campagne fleurie » ou « printemps précoce » ou « premier printemps » 1908 Collection The Phillips collection, Washington

« L ‘orage (à Vernouillet) »1908 collection du professeur Hahnloser, Berne

«  Le train et les chalands » 1909 Musée de l’Ermitage Saint Petersbourg

Une reproduction figure dans l’ouvrage de Michel Péricard « Les peintres en Yvelines » et dans le bulletin municipal de Vernouillet de 1995

« Premier printemps, les petits faunes «  1909 Musée de l’Ermitage Saint-Petersbourg

Une reproduction figure dans l’ouvrage de Michel Péricard « Les peintres en Yvelines » et dans le bulletin municipal de Vernouillet de 1995.

« La maisonnette » ou « Soirée de printemps «  (Vernouillet) Collection Felix Fénéon.

« Paysage pluvieux (Vernouillet) » 1909 Musée d’art de l’Athéneum, Helsinki.

« Les deux enfants (Vernouillet)»  1909, collection Paul Valloton

Ce tableau représente la maison des carrières.

«  Crépuscule de Printemps (Vernouillet) » 1909 The South african gallery Johannesburg

« Enfants au jardin » 1909 (photographie du service de documentation des musées nationaux)

« Pleine campagne «  1910 collection particulière.

« Arbres et vignes (Vernouillet)»1912 collection Pedro Blanquier y Sra, Buenos Aires

« Ciel d’orage  sur le village (étude) » 1907 Vente succession Bonnard, Versailles, du14.12.1969 lot n°192 du catalogue. La représentation est sensiblement la même que celle du tableau du Musée d’Art Moderne mentionné plus haut.

« Paysage d’Ile de France (esquisse) » 1907, succession Bonnard

Vernouillet est reconnaissable

« Le champ de blé devant l’église » 1907 collection particulière

L’église représentée est sans  conteste possible, celle de Vernouillet. Par contre on imagine mal un champ de blé à cet endroit.

« Village, ciel d’orage (esquisse) » 1907, collection particulière.

« Paysage (esquisse) » 1907

Il n’est pas certain que Vernouillet soit représenté.

« Arbre à fleurs, gardienne de chèvres » sans date, Succession Bonnard

La représentation est quasiment identique à celle du »village vu de la campagne » du Muaée d’Art Modèrne, la gardienne et ses chèvres en plus.

« Les pommiers en fleurs » 1907, succession Bonnard

            Il est probable que Bonnard a peint à Vernouillet d’autres tableaux que des paysages. L’intérieur de la maison des carrières a pu servir de décor au tableau « Marthe dans le tub », ou « nu à contre jour» daté 1908 ou le «nu à la lampe » daté 1910. De même, le tableau « La tarte aux cerises » daté 1908 ou « La convoitise de black » daté 1910 ont pu avoir pour décor le jardin de la maison des carrières.

Jeanne PIFFARD (28 Novembre 1892 + ?)

Elle est connue comme sculpteur d’animaux. Elle expose et obtient une mention honorable en 1913 au Salon des Artistes Français dont elle est membre sociétaire. Elle expose à l’exposition d’art français au Cire en 1938 et à la biennale de Venise en 1940. Elle obtint le Grand prix de sculpture  à l’exposition universelle de Paris en 1937 pour la décoration de la porte d’honneur du centre rural.

            La famille Piffard habitait à Vernouillet dans la maison qui abrite aujourd’hui le poste de police. Dans les années 1950 elle a fait don à la paroisse de Vernouillet d’une statue en tôle visible dans l’église. Jeanne Piffard a également sculpté les décors de l’école Saint- Exupéry et de l’école La Paix.

Sculpture qui décorait l’école La Paix

Sculpture décorant l’école SaintExupéry

Vierge à l’enfant, église de Vernouillet

Albert DÉCARIS (6mai 1901-1janvier 1988)

            La famille DECARIS est une des plus anciennes de Vernouillet. Le grand-père d’Albert, Marie Michel Decaris a été maire de Vernouillet de 1909 à 1919. Albert, né à Sotteville les Rouen, entre à l’école Estienne en 1915 où il apprend la gravure. Il fréquente l’école des Beaux Arts en 1918 et obtient le grand Prix de Rome en 1919.          En 1920, il fait son service militaire et repart à Rome en 1924. Il rentre à Paris en 1927. De 1928 à 1932, il illustre de nombreux livres de luxe. Il retourne à Rome en 1933. La même année, il dessine son premier timbre poste : “le cloître de saint Trophime d’Arles“ qui sera édité en 1935. Il réalisera par la suite de nombreux timbres pour la poste française et celle de nombreux autres pays. En 1978 il obtient le Grand Prix de l’Art philatélique français pour son timbre « L e pont neuf »

Autoportrait et son premier timbre

            Pour l’Exposition Universelle de 1937, il réalise 300m2 de peintures sur toile marouflée pour le Palais du Bois.

En 1943 il est élu à l’Institut (Académie des Beaux Arts)

 En 1981, une exposition Decaris se tient au Musée de la Poste.

En 1988, après sa mort, un hommage lui est rendu à la bibliothèque historique de la Ville de Paris

            Albert Decaris est principalement connu comme  graveur d’estampes. Il illustre de nombreux livres de luxe, il grave de nombreuses planches  sur la mythologie, les paysages d’Italie, d’Espagne et de Grèce. Il a gravé un album de 24 planches sur l’Apocalypse, un autre de 12 planches sur le Zodiaque, les 12 travaux d’Hercule, ou les 7 péchés capitaux.

 Il grave une série de planches  sur Paris. Dans les années qui suivent, il  a préparé une gravure pour  l’Apocalypse de Joseph Foret, le livre le plus cher du monde ! 

Albert Decaris et Vernouillet

Bien qu’ayant peu séjourné à Vernouillet, Albert Decaris est resté toute sa vie attachée à la ville qui est celle de ces ancêtres. On connaît plusieurs tableaux représentant l’église, le parc du château et le lavoir de l’impasse Marie Michel Decaris. Un tableau représentant une allégorie de Vernouillet sous forme d’une femme allongée avec le village en toile de fond décorait la cage d’escalier de la mairie de Vernouillet. Il avait été réalisé lors de la construction du bâtiment en 1931. Démonté pour permettre des travaux de peinture en 1993, il a mystérieusement disparu. Un autre tableau représentant une Mariane, symbole de la République, est dans les archives de la mairie. En 1962, il fait une gravure représentant les églises de Vernouillet et de Hainstadt à l’occasion du jumelage entre les deux villes. En 1963, c’est une de ces gravures qui orne la couverture du premier bulletin municipal de la ville. Dans les années qui suivirent, Albert Decaris  offrait chaque année une de ses gravures à la paroisse qui la mettait en vente au cours de sa kermesse annuelle. En 1985, l’APCCT (association philatélique et cartophile du canton de Triel), à l’initiative de Louis Dufau, prend contact avec l’artiste pour lui demander de réaliser une gravure dont la vente  sera destinée à la restauration de l’église. 500 gravures numérotées sont éditées et vendues. On s’est aperçu à l’éxamen des gravures que la plaque avait été retouchée en cours de tirage si bien qu’il existe deux versions différentes de quelques détails près. Louis Dufau a eu à cette occasion un contact personnel avec l’artiste. L’APCCT lui a donné le titre de président d’honneur.  Un hommage particulier lui a été rendu en 2000 par le Cercle historique de Vernouillet lors du vernissage de l’exposition “ Les artistes et Vernouillet “ où plusieurs de ces œuvres étaient présentées.

Mariane (mairie de Vernouillet)                               

Impasse Decaris (collection particulière)

Tableau daté 1936 représentation allégorique de Vernouillet.

Ce tableau était dans la mairie au mur en haut de l’éscalier conduisant à la salle du Conseil. On peut renser que  l’artiste l’a peint pour le donner à la mairie comme la Mariane de la page précedente. La jeune fille représentée serait le portrait de la fille de l’artiste.

            Démonté lors des travaux de réfection de la peinture de l’escalier en 1992, il avait mysterieusement disparu. Il a été heureusement retrouvé en 2007, grâce à une personne qui a souhaité garder l’annonymat.

1962 Jumelage Vernouillet-Hainstadt

Page de titre du premier bulletin municipal de Vernouillet

S.SEVESTRE
           

Ce peintre nous est connu par un tableau qu’il a peint en 1910 et offert à son médecin traitant le docteur Berton. Il n’est pas répertorié au Bénézit et était probablement, comme Cognet, un amateur.

Vernouillet, tableau de  S.Sevestre daté 1910 (collection particulière)

            Il est intéressant de comparer ce tableau à celui de Bonnard, présenté plus haut qui a été peint la même année.

Auguste SURGIS  (1888-1973)

            Peintre amateur, issu d’une famille d’agriculteurs bien connue à Vernouillet. Les tableaux que nous lui connaissons sont tardifs (années 1960)

L’entrée de la ferme de Marsinval daté 1965 (collection particulière)

            On pourrait citer d’autres peintres dont nous connaissons des tableaux représentant Vernouillet à l’époque qui nous intéresse, comme par exemple Cossard (1880-1952) auteur de « Premier printemps » ou A.Gonzal auteur d’un tableau représentant le parc du château peint dans les années 1920-1930. Mais nous n’avons trouvé aucune trace de leur résidence à Vernouillet .

Les autres artistes vernolitains.

Les musiciens

Louis Albert Bourgault-Ducoudray

(Nantes 2 février 1840 - Vernouillet 14 juillet1910)

Louis Albert Bourgault Ducoudray photo de Nadar

            Fils d’un armateur, il fait des études de droit tout en faisant des études musicales à Nantes. En 1859, il est reçu avocat et la même année son opéra comique « L’atelier de Prague » est représenté au Théâtre Graslin de Nantes. La même année il entre dans la classe d‘Ambroise Thomas au Conservatoire de Paris et obtient le premier Prix de Fugue en 1861. En 1862, il obtient le Prix de Rome.

            À Rome, il compose un Stabat Mater  joué à Paris en 1868. En 1878, il est nommé professeur d’histoire de la musique au Conservatoire de Paris.

Bourgault-Ducoudray s’est surtout intéressé à la musique populaire qu’il avait étudiée en Italie, Grèce, en Orient et aussi en Bretagne.

Ses œuvres :

Le Carnaval d’Athènes (1880)

Thamara  (1890) opéra représenté 11 fois à Paris

La Rhapsodie cambodgienne ou le Chant Laotien

La conjuration des fleurs, drame lyrique dont le deuxième tableau comprend des chansons bretonnes (1882)

Trente mélodies populaires de Basse-Bretagne (1885)

Michel Coulomb ou Bretagne, opéra consacré à Michel Coulomb, sculpteur des tombeaux des Ducs de Bretagne (1887)

Myrdin, opéra sur Merlin (1905) qui  n’a été représenté qu’une seule fois, à Nantes en 1912, après sa mort.

            C’est en 1879 que Bourgault-Ducoudray vient pour la première fois à Vernouillet. Arthur Duval[1] raconte qu’étant à la recherche d’une maison de campagne, il prit le train pour se rendre à Villennes qui lui avait été indiqué comme un endroit intéressant. S’étant endormi dans le train, il rata la station de Villennes et descendit à la gare suivante qui s’appelait « Triel » mais qui était celle de Vernouillet-Verneuil. Il loua une maison au 69, rue de Mantes[2]. Il habita ensuite Verneuil dans la rue des Graviers puis la rue Haute. La maison de Vernouillet qu’il avait louée étant mise en vente, il l’achète et s’y installe.  Il semblerait que vers la fin de sa vie, cette résidence de campagne soit devenue sa résidence principale. C’est d’ailleurs dans cette maison qu’il mourut  le 14 juillet 1910.  Dans un document de la paroisse de Vernouillet, son nom apparaît dans la liste des personnes responsables de la distribution des pains bénits à Vernouillet en 1900. Il est mentionné comme habitant rue de Verneuil.

C’était un homme vertueux, modeste et apprécié. Arthur Duval, qui l’a probablement connu écrit :

« … Il a vécu loin du bruit parisien, ne s’est prêté à  nulle intrigue, a toujours parlé franc, a toujours marché droit attentif seulement à ne culbuter personne Ce fut un Chrétien fervent. A son lit de mort, au curé de Verneuil, M. L’abbé Diguet, qu’il avait fait appeler et qui, après lui avoir administré les derniers sacrements, l’exhortait à se soumettre à la volonté de Dieu, il prononçait cette parole qui était bien le résumé de toute sa vie : « Oui, Dieu est seul le maître et c’est devant lui seul que nous devons nous incliner »

            Il a composé à Verneuil son dernier opéra, Myrtis, et probablement plusieurs œuvres postérieurs à 1880.

Liste des responsables des “pains bénits“pour l’année 1900 (archives paroissiales de Vernouillet))

Lucien-Léon-Guillaume Lambert (1858-1945)

Compositeur de musique et pianiste

            Petit-fils de Richard Lambert musicien de New-York, Fils de Charles Lucien Lambert, compositeur créole noir né à la Nouvelle Orléans en 1828 qui rejoint Paris en 1854.

Léon Guillaume est né près de Paris en 1858. Son père fut son professeur. Il profita aussi des conseils de Théodore Dubois et de Jules Massenet. Son œuvre démontre une grande variété de formes et d’instrumentations

                        Nous connaissons sa présence à Vernouillet par une annonce de la publication de mariage de sa fille Lucienne figurant dans les registres de la paroisse  de 1909, et que nous  reproduisons :

D’après cet acte, il habitait route de Médan (Rue Eugène Bourdillon). Nous n’avons par contre pas trouvé trace de la naissance de sa fille dans les archives de Vernouillet. Elle était probablement déjà née lorsque son père s’est installé à Vernouillet.

            Il fut apprécié comme compositeur et pianiste tant en France qu’au Portugal. On connaît  « BroceliandePrélude, fugue et le postlude «  pour piano.  Il obtient le prix Rossini en 1885 pour son ouvrage « « Prométhée enchainé ». Lambert a été pianiste à la cour du roi du Portugal. Il fut décoré dans les années 1870 par le roi Pedro pour sa nouvelle méthode de piano. Plus tard, il enseigne la musique à Paris. Trente-deux de ses oeuvres datées de 1866 à 1899 sont déposées à la Bibliothèque Nationale.         

Pochette d’un CD de quelques œuvres de Charles Lucien Lambert et de

 Lucien –Léon-Guillaume Lambert

            Lucien-Léon-Guillaume Lambert est probablement le premier pianiste classique de la descendance africaine ayant fait des enregistrements. Il a enregistré trois cylindres pour Pathé et Cie, à Lisbonne en 1905

.

Les hommes de lettres

André Lelarge

Né le 26 juin 1883 à Vernouillet

Historien de Paris et de l’Ile de France, on lui doit les ouvrages ci-après :

Paul Louis Courier (1772-1825), parisien. Origine et fortune de sa famille. L’attentat du duc d’Olonne. Recherche sur sa maison natale et ses domiciles à Paris.

Lettres de Paul Louis Courier. Presses universitaires de France, 1925

Le numérotage des maisons de Paris sous Louis XVI et pendant la Révolution.   imprimerie Daupeley-Gouverneur, Paris, Nogent le Retrou, 1933

(Extrait du Bulletin de la Société d’histoire de Paris  et de l’Ile de France.)

Louis Alleaume, seigneur de Verneuil et de Vernouillet, poète latin de la Renaissance. Avec des notes inédites sur les Perdrier et les Brinon, seigneurs de Médan et de Villennes,

Versailles Léon Bernard 1934 (Extrait de la revue d’histoire de Versailles  et de Seine et Oise)

Une amie de Mérimée, Mme Lacoste. Imprimerie Daupeley-Gouverneur, Paris, Nogent-le-Rotrou 1935.

Chirurgiens et médecins parisiens au XVIIe siècle originaires de Poissy. Mesnil, imprimerie Firmin Didot 1937

Hôtel de Salm-Dyck, 97, rue du Bac, imprimerie Daupeley-Gouverneur, Paris, Nogent le Rotrou 1937

(Extrait de la Société d’histoire et d’archéologie des VIIe et XVe arrondissements de Paris.)

Michel Beyer

            Auteur du livre « Histoire de Vernouillet » Saint-Germain-en-Laye, Doizelet, imprimerie du commerce, 1902

            À la lecture du livre, on peut supposer que l’auteur a habité Vernouillet, mais nous n’avons pas trouvé trace de sa présence dans les registres tant municipaux que paroissiaux.

On peut aussi citer :

Albert Labrousse

Maire de Vernouillet de 1925 à 1929, il a écrit un ouvrage :

« Notes sur Vernouillet » imprimerie de Poissy 1929

Cet ouvrage retrace l’histoire de Vernouillet, particulièrement pendant la Révolution

Winckel (L’instituteur)

            Il a été demandé en 1899 aux instituteurs de tous les villages de rédiger un document  descriptif de leur commune sur le plan géographique, historique, économique…Winckel était l’instituteur de Vernouillet et nous a transmis son étude datée du 22 septembre 1899.  Cette étude a été pour nous une source précieuse de renseignements sur Vernouillet à l’époque qui nous intéresse.

            Curieusement il écrit : «  … Vernouillet n’a produit aucun homme supérieur dans les lettres, les arts  et les sciences… “ Indépendamment de Louis Alleaume, il aurait pu connaître certains artistes cités dans ce chapitre comme Nicolas Lemasle, Louis Albert Bourgault –Ducoudray et Talma.           
Il est vrai que ceux-ci n’étaient pas des Vernolitains de souche !

  1. Cosson, instituteur

Il est l’auteur d’une conférence intitulée « Vernouillet pendant la Révolution »  faite le 23 février 1910 dans le cadre de la Société républicaine des conférences populaires.

LES GENS DU SPECTACLE 

François Joseph Talma (Paris 1763-Paris 1826)

            Un de plus célèbres tragédiens de la Comédie Française, comédien préféré de Napoléon. Michel Beyer dans son “Histoire de Vernouillet“  mentionne sa présence à Vernouillet en ces termes :

« Talma (1763-1826 célèbre tragédien français qui introduisit au théâtre la vérité des costumes, venait souvent se reposer pendant la belle saison à Vernouillet, où il possédait une jolie propriété »

Geneviève Julienne Picard

            Danseuse à l’Opéra de Paris, était la propriétaire de la maison des Buissons  que lui avait achetée le chocolatier Menier en 1896.

Nous avons limité la liste des artistes vernolitains à ceux qui ont exercé avant 1950.

Mais depuis cette date il y en a eu de nombreux autres.

[1]  Voir le livre d’Arthur Duval « Verneuil sur Seine, depuis son origine historique jusqu’à nos jours » Imprimerie de Poissy, 1932

[2] Cette maison est actuellement occupée par la maison d’enfants « La Tournelle »

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