La transformation du petit village rural en une coquette ville de Banlieue est due à de multiples facteurs qui ne sont d'ailleurs pas spécifiques à Vernouillet. Mais ces facteurs ont tous été générés par le progrès et la mise en pratique des techniques nouvelles.

Mais c'est aussi grâce à l'évolution des techniques de construction que de telles réalisations architecturales ont pu voir le jour dans leur forme. Nous ne sommes plus à la maison de pierres calcaires extraites du sous-sol local, mais devant des édifices qui allient les matériaux les plus divers. L'emploi de briques et de bois pour les maisons de type néo-normand, l'acier qui est désormais produit en quantité industrielle est beaucoup plus présent dans la construction, d'antan. Sur les toits, mansardés en particulier, le zinc redevient à la mode, les ardoises aussi. On voit apparaître les tuiles mécaniques. C'est un foisonnement d'idées nouvelles pour «faire toujours plus beau». Les façades se parent de motifs de céramique ou en briques émaillées.

La situation en 1800

            En 1800, la grande majorité des maisons du village est constituée de fermes ou de maisons de vignerons. Certes il y le château et quelques maisons de notables,mais elles ne sont pas légion.

Ces maisons de vignerons, très anciennes, sont bâties avec les matériaux du pays, il n'est qu'à visiter l'une d'entre elles pour constater, que les matériaux d’excavation de la cave ont servi à monter les  murs, le plafond de la cave est soit en pierre naturellement creusée en voûte soit pour de plus récentes reposant sur des IPN en acier avec voûtains en pierres découpées.

Les toits sont tous en tuiles plates.  La seule tuilerie connue à Vernouillet se situait à Marsinval, rue de la Tuilerie. Elle a cessé ses activités avant la Révolution. Ces maisons présentent presque toujours des angles non droits parce qu'ils épousaient la forme du terrain, on peut encore observer que certaines d'entre elles ont été «rognées» au moment ou l'Etat a décideé de faire respecter à ce qui peut ressembler à un plan d'urbanisme et en particulier en ce qui concerne les alignements de façades.

 L’épaisseur des murs peut aller jusqu'à un mètre, les ouvertures sont réduites pour assurer une température supportable aussi bien en été qu'en hiver.

D'autres maisons au centre du village, place de la Croix (ou de l'église) qui datent du moyen âge abritent les commerces, elles ont été plus ou moins élevées suivant le standard de vie du propriétaire. Mais ces différences constituent un crénelage et une disparité qui font tout le charme de notre centre ville ancien.

Les matériaux

Le sable et le gravier ne manquaient pas puisque l'on a retrouvé dans de très nombreuses délibérations du Conseil, des indications sur la position de «trous à sable» dans l'ancien lit de la Seine au lieu dit «Le Pépin» ( le stade et gymnase actuel), comme en témoigne ce qui suit:

«Le président donne lecture d’une proposition de M. Bourdillon entrepreneur de maçonnerie à Vernouillet «qui souhaite acquérir une ancienne carrière à sable de la commune située près de la voie ferrée et contiguë à une autre carrière lui appartenant»  M. Bourdillon deviendra propriétaire de 873 mètres carrés de carrière pour 1397 francs»

Ces trous à sable s'étalaient depuis le passage à niveau actuel jusqu'à l'ancienne gare comme l'indique la délibération suivante concernant le comblement d’une ancienne carrière près de la gare

En effet, le 11 mars 1911 le maire donne lecture d’un rapport de l’ingénieur en chef communiqué par le préfet qui demande l’avis de la commune.

«La cour de la gare ne pourra être établie que si les communes prennent à leur charge la totalité de la dépense, le Réseau pour faciliter cette opération  mettra à leur disposition  le terrain nécessaire, qui comprend  l’ancienne carrière à sable (560 m).  La partie cédée par la commune de Vernouillet serait mise en décharge publique car il faudrait environ 1500 m3 pour la combler»

Les pierres ne manquent pas non plus, elles sont systématiquement ramassées dans les champs et mises sur le coté pour élever des murgers. Mais il existe aussi des carrières d'extraction de pierres meulières à Marsinval et à Brezolles.

En novembre 1848, tout est codifié, la grosseur des pierres et le coût du transport:

«Extraction de pierres réduites à la grosseur maximum de 20 cm aux carrières des coteaux de Marsinval et carrières de Brezolles. Transport à la voiture d’un mètre cube : voiture avec un cheval 5.25 francs, voiture avec deux chevaux 8.50 francs, Voiture avec trois chevaux 11.5 francs»

La carrière de meulière de Bures. Le 12 Novembre 1865, une Convention fixe le prix des  extractions :

«Extraction et emmétrage (sic) d’un mètre cube de pierres brutes:

Pierres calcaires ou murgers 1.25, pierres meulières de la carrière de Bures 1.75

 Ramassage dans les champs et dépose dans un lieu accessible aux voitures de cailloux de 12 cm et plus 1.2 francs  - cailloux de 3 à 6 cm : 2 francs»

Le 16 novembre 1884, le maire porte  à la connaissance de l’assemblée «que le trou d’exploitation de cailloux de la commune du Pépin sera prochainement épuisé» Le conseil confie à MM. Pottier Louis et Pottier Eugène le soin de chercher un terrain pour  l’extraction de pierres. Un peu plus tard le maire annonce0 au Conseil «qu’il s’est rendu acquéreur par adjudication publique d’une parcelle située sur le territoire de Vernouillet au lieu dit «l’Amandier» ayant appartenu au sieur Churlet Louis décédé et pouvant servir de trou à caillou»

L’abondance de pierres meulière

Le 6 février 1898, le maire donne la parole à M. Fouché qui fait rapport «sur le transport onéreux des cailloux à attribuer au chemin de Bures et propose de remplacer le silex par de la pierre meulière qui se trouve à portée de chemin»

Le Plâtre. En Mai 1859, la commune proteste auprès du préfet, trouvant qu'elle est trop imposée sur l'entretien du chemin qui va de Triel à la gare de Vernouillet, car à ses yeux l'essentiel du trafic et donc des dégradations est dû au transport de plâtre venant des carrières de Triel.

«La commune de Vernouillet est de beaucoup trop imposée si l’on considère l’avantage qu’elle retire de ce chemin en comparaison avec Triel qui n’a que cet accès à la station du Chemin de Fer et des sociétés qui exploitent les carrières de Triel et de Vaux et qui font passer sur le chemin n° 2 de 80 à 100000 kilos de plâtre par jour. Si l’usure du chemin a lieu à cause des charges de plâtre, ne serait il pas juste que les sociétés qui exploitent ce plâtre ou même la commune de Triel, sauf remboursement par lesdites sociétés en payassent l’entretien en grande partie?»

Les constructions à Vernouillet pendant le XIXe et le début du XXe siècle

            Cette époque est caractéristique d'une rupture architecturale due à la nouvelle destination des maisons, résidences d’habitation sans locaux à usage professionnel attenants comme c’est le cas dans les fermes. Elle se caractérise aussi par l’utilisation des nouveaux matériaux comme l’acier ou les tuiles mécaniques L’aspect des maisons est aussi souvent “imité“  comme les faix colombages plaqués pour donner un aspect “normand“ à une construction en pierre ou brique.

Comment était le parc immobilier de Vernouillet à la veille de la Révolution ?

Le plan d’intendance de 1787, montre le vieux village, avec le château, son parc et les bâtiments de fermes regroupés dans le village et dans les hameaux de Marsinval et de Brezolles. Au début du XIXe siècle,en plus des bâtiments agricoles traditionnels abritant les activités des fermiers et vignerons,  quelques nouvelles maisons apparaissent.

Le style des maisons

Nous avons relevé plusieurs types de maisons caractéristiques des constructions de cette époque :

Les maisons les plus anciennes de style “classique.

Les maisons de style « Mansart »

Les maisons de style « néo-normand »

Les maisons en L

Les maisons en façade

Les pavillons de banlieue

Ces 5 styles existent dans les maisons de maître, les maisons bourgeoises et même les pavillons de banlieue.

À l’aide d’images nous vous présentons les caractéristiques architecturales et décoratives des maisons qui ont été construites jusque dans les années 1920.

Il faudrait ajouter,  pour être complet, les maisons plus anciennes reconstruites ou modifiées au cours de la période qui nous intéresse.

Nous avons également relevé les éléments décoratifs qui sont fréquents sur les maisons construites à cette époque et se retrouvent aussi bien sur les modestes pavillons de banlieue que sur les maisons plus riches.

les maisons les plus anciennes. Le Clos Hamelet, résidence du marquis de Girardin construit en 1803, en est un exemple. Le bâtiment est simple : parallélépipède avec un toit en pente douce.

Au cours du XIXe siècle avec l’arrivée du chemin de fer les nouvelles constructions vont apparaître.

Les “ maisons de maîtres “

Ce sont d’abord de riches villas que les Parisiens font construire pour venir en villégiature  avec famille et domestiques. Ces demeures somptueuses sont situées dans des parcs dont la surface va de plusieurs milliers de m2 à plusieurs hectares !

Les “maisons bourgeoises “ . Villas d’un certain standing avec un terrain allant de 700 à 1500m2 environ, mais sans maison de gardien. Elles étaient aussi bien des résidences secondaires que  résidence principale de cadres  travaillant dans la région ou à Paris. En même temps se construisent les “ pavillons “  de banlieue, maisons modestes abritant des ouvriers et employés prenant le train le matin pour se rendre au travail à Paris.

Les “pavillons de banlieue“

Résidence  principale du “banlieusard“ dans un petit terrain ou petite maison d’agrément dans  un grand jardin, Certains sont insérés dans les rues du vieux village et n’ont qu’une cour ou un jardin minuscule. Nous les désignons sous le nom

Nous avons étudié ces 6 catégories de maisons définies plus haut, en essayant de dégager leurs caractéristiques .

La construction de la plupart des maisons que nous présentons a été l’œuvre d’entreprises vernolitaines :

Eugène Bourdillon qui a construit la plupart des maisons de type Mansart

Henri Derain, et Jean Clédat dont les constructions sont plus modestes, maisons bourgeoises principalement.

 

Une des caractéristiques commune à la plupart des maisons est la présence de deux portes donnant sur l’extérieur : la porte d’entrée et une porte d’accès direct de la cuisine au jardin.

Les maisons les plus anciennes du XIXe siecle à Vernouillet

            Ce sont des maisons simples, héritières des constructions du XVIIIe siècle avec un toit en pente douce.


La “Folie“ Maison avec curieux clocheton, figurant déjà sur le cadastre de 1821.

Le Clos Hamelet, ancienne résidence du Marquis de Girardin construite en 1803

Dans un plan du XVIIIe siecle, l’emplacement de cette maison est désigné comme l’ancien manoir du Seigneur de la Queue. Dans le cadastre de 1821, elle figure comme maison isolée au milieu de terres agricoles.

La villa Ombrosa avant transformation

Villa Ombrosa :  partie nouvelle de 1905.

Maison route de Médan (rue Eugène Bourdillon.)

La même vue du Boulevard de l’Europe

Les eaux vives. Maison du XVIIIe siècle figurant sur la plan d’intendance de 1787.
 La maison a été agrandie à la fin du XIXe siècle de la partie sur la rue et transformée en pension de famille.

La même en 2006

Il est à noter qu’il y a plusieurs maisons type Mansart à Vernouillet mais avec des variantes dans la construction.

  • En briques rouges
  • Chaînes d’encoignures, piédroit des ouvertures, linteaux, corniches sont en pierres de taille
  • En briques beiges, et parfois alternés beiges et rouges
En maçonnerie de ciment:
  • Le remplissage est de temps en temps en blocs de meulière

En ciment de chaux. Notons, de plus, que cette maison présente un côté revêtu d’un doublage décoratif en plaques de zinc losangée

    • En ce qui concerne les toitures en ardoise, il y a des finitions différentes :
    • Bandes d’arêtiers en zinc
    • Arêtiers en ardoise

    • Œil-de-bœuf en zinc
Exemples de maisons style Mansart

La villa Beauchamps, rue de la Tournelle  (rue Maurice Berteaux)

Transformation en maison Mansart d’une maison de village plus ancienne. La partie droite est un agrandissement de la fin du XIXe siecle.

Ancienne  propriété Piffard où vécut l’artiste. 

Villa Belle-Vue, avenue de Triel:
Maison Route de Médan (rue Eugène Bour
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